OUEST
FRANCE
vendredi 29 septembre 2006
Pour qu'elles puissent
trouver une aide, ou simplement une écoute, les
personnes obèses peuvent désormais compter sur
une association. « Ouestomac » vient d'être
créée.
Le regard des autres, les
réflexions désagréables, les discriminations en
tout genre... le quotidien des personnes dont le
poids est supérieur à la normale ressemble
souvent à un cauchemar. « Nous savons tous
que les employeurs rechignent à embaucher des
obèses ou encore que les banques refusent
souvent de nous prêter de l'argent. Dans
un autre domaine, il est très difficile de s'habiller,
où en tout cas de trouver des vêtements à la
mode, comme tout le monde, » souligne
Sabine le Gall. Dans ce tableau qu'elle dresse,
la présidente de la toute jeune association
Ouestomac, sait que tous les obèses se
reconnaîtront. Parce qu'il y a encore peu de
temps, elle subissait, elle aussi, ce handicap
d'être « hors norme ».
La dictature des
régimes
Pendant une
dizaine d'années, Sabine Le Gall a vécu au
rythme des régimes en tout genre. « J'ai
tout essayé, à part les médicaments où les
soi-disant remèdes miracles que l'on
trouve en pharmacie, parce que je n'y ai
jamais cru. » Avec ces régimes, elle
a perdu beaucoup de poids. Et puis, elle en a
repris, souvent plus qu'elle n'en avait perdu.
« Je suivais les régimes prescrits pendant
des mois, mais dès que j'arrivais à l'étape
de stabilisation, je me sentais comme un animal
libéré. Je me mettais à manger tellement que je
reprenais 2 à 3,5 kg par semaine. D'année
en année, c'était la terrible lutte face
à l'effet yo-yo »,
raconte-t-elle.
La chirurgie
Pour en
finir avec la dictature des régimes, Sabine Le
Gall s'est tournée vers la chirurgie. Depuis le
30 mars dernier, un anneau gastrique a été posé
sur son estomac. Des 110 kg qu'elle pesait il y
a encore quelques mois, elle est passée à 84 kg
et espère bien descendre jusqu'à 65 kg, une
bonne fois pour toutes. « Cette opération a
changé ma vie. Mais, il a fallu être patiente.
Il s'est écoulé une année entre mon
premier rendez-vous avec le chirurgien et l'opération.
Entre-temps, j'ai été suivie par une
nutritionniste, un cardiologue... et ça n'est
que lorsque tout le monde se prononce en faveur
d'un anneau, qu'il peut être posé »,
explique-t-elle.
Même si
aujourd'hui, Sabine se reconnaît de plus en plus
dans son corps, elle avoue que cela ne se fait
pas sans douleur. « Je souffre tous les
jours. Il y a beaucoup de choses que je ne peux
plus manger. Pour moi, l'anneau est comme
un gendarme qui me dit stop très vite. Et puis,
c'est un corps étranger que je sens et
qui me gène souvent. Mais, il faut être fort
pour avoir ce qu'on veut. »
Aider les autres
C'est
notamment parce qu'elle se sent mieux que Sabine
Le Gall a eu envie d'aider les autres personnes.
Ceux qui, comme elles, souffrent d'obésité, qui
ont eu, ou qui souhaitent avoir recours à la
chirurgie, et puis les autres. « Que l'on
soit entouré ou pas, on se sent toujours très
seul lorsqu'on est obèse. Mon association
est là pour rompre avec cette solitude. »
Ouestomac
proposera des groupes de paroles tous les 1ers
vendredis de chaque mois à partir de novembre.
Ils se dérouleront au patronage laïque de la
Cavale-Blanche, de 18 h à 20 h. L'association
prévoit également d'organiser des soirées à
thème avec des intervenants, des activités
ponctuelles comme des marches... ou encore des
sorties.
Christel MARTEEL.